Logiques pas si logiques…
20 juil 2008 2 Commentaires
in Langue(s)
Cette réflexion fait suite à un bout de conversation jeudi dernier avec Alison*…
Pourquoi dit-on de quelqu’un qui a des idées très étroites qu’il est obtus, alors qu’en géométrie un angle obtus est plus ouvert qu’un angle droit ?
Pourquoi dit-on d’une personne qui ne cherche pas à voir loin qu’elle ne voit pas plus loin que le bout de son nez alors qu’il est beaucoup plus difficile de regarder son nez que de regarder devant soi ?
Pourquoi dit-on qu’il ne faut pas chercher midi à quatorze heures alors qu’en été, quand il est midi pour le soleil il est justement quatorze heures pour nous ?
Pourquoi dit-on de quelqu’un de sale que c’est un pouilleux alors que les poux préfèrent s’installer sur les têtes propres ?
Pourquoi dit-on d’une chose facile que c’est simple comme bonjour alors que passer une bonne journée n’est pas forcément évident, le mot « bonjour » ne sort pas facilement de la bouche de tout le monde, et que quand on est petit c’est un des mots les plus difficiles à prononcer correctement à cause de la palatalisation qui n’est pas encore acquise et qui nous fait ainsi dire « bonzour » ?
Des logiques pas si logiques… Si vous en avez d’autres…
“Sékelpié” (mon billet en Cross-Over, posté hier chez Szlavik et que je remets là par flemme de rédiger un nouveau billet).
12 juil 2008 3 Commentaires
in Langue(s)
Bonjour à tous !
L’été revient, et avec lui les bonnes habitudes, dont… le Cross-Over ! Un billet par mois (bon, étant-donné la régularité de Szlavik sur son blog, on risque de voir 3 billets signés moi de suite… non, je suis mauvaise langue !).
Quel sujet aborder ??? Réfléchissons… ah, ça y est, j’ai trouvé : les "sékelpié" des mots.
"Sékelpié"… ça veut dire quoi, ça ? "C’est quel pied ?" en réalité, phrase qui revient souvent chez des danseuses pointilleuses (moi, je suis plutôt du genre "bidouilli", lol !). En revanche, je suis très pointilleuse sur les mots.
Déformation professionnelle, je sais… Mais quand on a fait du grec et du latin, on en sait davantage sur les mots français, et on peut ainsi employer les termes plus judicieusement.
Un petit exemple : on me reproche souvent de ne pas être serviable. Eh bien moi, j’en suis fière ! En effet, "serviable" vient du latin "servus", qui signifie "esclave" (on retrouve cette racine dans "servitude", "services", …).
Je suis une "sékelpié" des mots : j’aime qu’ils soient employés à bon escient, et non "parce que ça fait bien". Je m’explique : j’ai été membre de jury de soutenance de licence pro RH fin juin. Une des candidates avait intitulé une de ses parties : "une vision manichéenne de la relation de travail". Je m’attendais à lire ouvriers = gentils = tout bien, patrons = méchants = tout mal. Or, il n’en était rien. Elle parlait du CDI considéré comme le contrat de travail "normal", alors que le CDD et les autres contrats étaient vus comme des exceptions. Rien de manichéen là-dedans ! La semaine suivante, une institutrice (ou professeur des écoles), à la fin de la répétition de la fête de l’école, a déclaré "nous avons été un peu exponentiels"… Tout ça pour dire qu’elle avait vu un peu grand…
Et je ne parle pas des "textes compréhensifs" (oh, les gentils textes qui font l’effort de comprendre leurs lecteurs !), des "fêtes dithyrambiques" (ouah ! les fêtes qui font des éloges enthousiastes voire excessifs de leurs participants !), ou que sais-je encore…
L’emploi non judicieux des mots a pourtant un bon côté : certes, il ne facilite pas la compréhension, mais il fait bien rigoler ! ^^
Vers la fin des prénoms ?
15 fév 2008 1 Commentaire
in Langue(s)
L’administration, l’école, le boulot, les réservations en tout genre… Toute identification officielle commence par le nom, puis vient le prénom. Pourtant, le mot « prénom » signifie « ce qui est avant le nom », car le préfixe « pré » veut dire « avant ». Mais si le prénom est donné après le nom, cela devient incohérent : faudrait-il désormais parler de « postnom » ?
Pourquoi est-ce toujours au pluriel en français ?
11 déc 2007 1 Commentaire
in Langue(s)
(réflexion sur un sujet très terre à terre).
Les lieux d’aisance, les toilettes, les gogues, les wc, les cabinets, les chiottes, les goguenots, les water, les cagouinces, les petits coins, les chiches…
Que ce soit en argot ou en langue de snob, en registre familier voire vulgaire ou en registre courant limite soutenu, on désigne en français toujours cet endroit au pluriel. Pourquoi ? Est-ce pareil dans les autres langues ? Et si oui ou si non, là encore, pourquoi ? pourquoi ? pourquoi ?
Où est le courage ! (Ahora no tienes corazon, tienes cojones…)
05 déc 2007 Laisser un commentaire
in Langue(s)
« Rodrigue as tu cœur ?.»
Cette célèbre réplique du Cid de Corneille ne fait pas référence à l’organe vital ♥, ni à l’amour ♥, mais au courage ♥. D’ailleurs, « courage » et « cœur » viennent du même mot latin, « cor cordis ».
Ainsi, pendant longtemps, lorsque on disait que quelqu’un avait du cœur, on admirait son courage…
Or, désormais, pour féliciter une personne courageuse, on ne dit plus « il a du cœur » ou « elle a du cœur », mais « il a des couilles » ou « elle a des couilles »… Le courage est tombé bien bas en quelques siècles…
Traductions automatiques…
15 oct 2007 Laisser un commentaire
in Langue(s)
Salut tout le monde ! Entre deux billets « rugby », voici une petite rigolade. Un billet de l’année dernière intitulé « Traductions non fidèles mais marrantes » faisait déjà état des problèmes des traductions automatiques. J’ai acheté une chemise de nuit, et voici ce qui était écrit sur le sac :
WARNING
Keep away from fire.
To avoid danger of suffocation, keep away from babies and children. Do not use in cribs, beds, carriages or playpens.
This bag is not a toy.
PREVENIR
Évitez feu.
Eviter danger de suffocation, restez loin de bébés et enfants. N’utilisez pas dans lits ou récréation stylos.
Ce sac n’est pas un jouet.
DAS WARNEN
Halt von feuer fern.
Um gefahr von ersticken zu vermeiden, holt von baby und kidern fern. Benutzen sie nicht in beds or kutschen.
Diese tasche ist kein spielzeug.
ADVIRTIENDO
Guarde fuera del fuego.
Para evitar peligro de sofocacion, guarde fuerada de los beébés y niños. No use en cunas, camas y carruajes.
Esta bolsa no es un juguete.
De l’anglish fabricated, du françoué fabricotisé, de l’espagnolo fabricado, et certainement que l’allemand n’est pas mieux ! Enfin, on comprend l’essentiel : ce sac n’est pas un jouet, c’est le principal ! Lol.
« Sti pas strange, steu truc ! »
12 sept 2007 2 Commentaires
in Langue(s)
Aujourd’hui, j’inaugure une nouvelle rubrique, intitulée « Langue(s) », où vous pourrez trouver des remarques sur la langue française ou sur les autres langues. Le billet « Parisianizmes » pourrait très bien se trouver dans cette nouvelle rubrique, mais il se trouve qu’a l’époque où je l’ai écrit, je n’avais pas encore l’idée de créer une rubrique spéciale.
Or, pour commencer, voici une petite remarque sur un anodin groupe de deux lettres : « st ». Qu’y a-t-il donc de si particulier dans ces deux lettres pour qu’elles ne puissent pas être prononcées telles quelles dans certaines langues, comme en espagnol ou en allemand ? En espagnol (disons en castillan, pour ne pas froisser certains), une lettre d’appui est nécessaire (en début de mot, c’est souvent le E qui s’y colle) : « estop » (stop), « estrella » (étoile), « estupido » (stupide)… En allemand, « st » est prononcé « cht » [mes connaissances en allemand étant très limitées (une initiation de 3 heures par semaines pendant 3 mois dans un groupe de 30 personnes à la fac), je ne vous donnerai pas d’exemple, car je n’en ai pas en tête].
Et en français non plus, « st » n’a pas toujours tenu. Comme « estrella », « étoile » en français vient du latin « stella » : une voyelle d’appui est apparue (on trouve dans des textes anciens la forme « estoile »), puis le s est « tombé ». Un autre exemple : la strangulation est l’acte d’étrangler (« strangler »).
Ce phénomène n’a pas uniquement touché « st ». Une preuve ? Quelle ville les Sparnaciens habitent-il ? Epernay, bien sûr ! c’est-à-dire « Espernay », ou « Spernay ».
Tout cela vient du S qui est instable en début de mot : soit il tombe, soit il prend des béquilles. « Sti pas strange, steu truc ! »…